Pré-requis : cours de maniement d’armes

Pierre RootBonjour à tous qui visitez régulièrement notre blogue, il me fait plaisir de publier aujourd’hui mon premier billet. Je me suis joint à TechnoMontréal le 1er novembre 2007 et j’ai pris le temps de « faire le tour du jardin » et de m’asseoir avec plusieurs intervenants (entreprises, associations et institutions) depuis mon arrivée pour valider les enjeux auxquels fait face notre industrie et orienter notre stratégie. Je vous reviendrai là-dessus bientôt dans un autre billet.

Le premier constat que je fais concernant l’état de notre industrie dans le Grand Montréal c’est qu’elle est en très bonne santé : la plupart des secteurs sont en croissance et nous réussissons à nous démarquer de plus en plus mondialement. Mais il ne faut pas s’asseoir sur nos lauriers, notre environnement évolue à la vitesse de la lumière et de nouveaux enjeux peuvent apparaître rapidement à l’horizon.

Un des enjeux sur lequel notre industrie se penche actuellement est la fin du programme d’aide fiscale aux entreprises de la nouvelle économie. L’an dernier le gouvernement du Québec a mis en place un groupe de travail pour étudier l’impact de la fin de ce programme et faire des recommandations sur la suite des choses. TechnoMontréal a publié un mémoire cosigné par plusieurs intervenants de la Grappe qui recommande essentiellement de maintenir les programmes en modifiant certains aspects déficients. Par contre, la recommandation la plus importante à mes yeux est qu’on doit inscrire ces aides fiscales dans une stratégie globale de soutien à l’industrie des TIC.

Le groupe de travail a publié son rapport intitulé « À armes égales » le 7 février 2008 et après en avoir pris connaissance mon impression est que les recommandations sont sensées. Je crois qu’on se doit d’être satisfait des recommandations sur le maintien des aides fiscales et de leur application à l’ensemble du territoire québécois plutôt que de les associer à des sites désignés.

Le rapport recommande de « lier l’accès aux mesures à la valeur ajoutée des emplois soutenus » ainsi « Le gouvernement ne soutiendrait plus les emplois de nature moins innovante, et qui sont également les emplois les plus facilement délocalisables. ».

L’application de cette mesure comporte certains dangers et on se doit de bien en évaluer les impacts socio-économiques. Des efforts sont présentement mis de l’avant à plusieurs niveaux pour assurer une relève adéquate et la croissance du bassin de main-d’œuvre de l’industrie. La perception qu’on « abandonnerait » certains types d’emplois au profit des pays émergents risque de projeter une image négative et de saper les efforts de valorisation de l’image de l’industrie. L’attraction des jeunes pour les programmes d’éducation menant vers une carrière en TIC dépend directement d‘une image positive de l’industrie. Je crois que la mise en place de programmes alternatifs pour les emplois de nature moins innovante devrait être sérieusement considérée.

Finalement, comme nous l’avions recommandé dans notre mémoire, je maintiens que les aides fiscales doivent être intégrées à une stratégie globale de soutien à l’industrie des technologies de l’information et des communications. Cette stratégie doit adresser les enjeux prioritaires sans quoi les mesures n’atteindront pas les objectifs visés de croissance de l’industrie et de création de richesse. Les aides fiscales sont un des leviers économiques nécessaires pour le déploiement de la stratégie, leviers qui devraient comporter aussi la continuation de programmes dédiés à des secteurs spécifiques (crédits pour les titres multimédia, par exemple), la continuation des programmes de création majeure d’emplois, et la continuation des programmes d’appui à la recherche et à l’innovation, et le renforcement de l’appui à la commercialisation.

Il est important d’apprendre à se servir de nos armes sinon on risque de se tirer dans le pied…



Un commentaire

  1. Publié par Zelaurent le 18 février 2008 à 20:34 | Permalien

    Bienvenue sur la blogosphère. Je confirme que le secteur des TIC est extrêmement vivace à Montréal. Il n’y a qu’à faire le tout des BarCamp, StartupCamp et autre 5@7 techno pour se rendre compte que l’entreprenariat est dès plus actif.

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